A l'heure où les prix agricoles s'envolent sur les marchés boursiers, SOLIDARITÉ réaffirme son engagement envers la souveraineté alimentaire, en promouvant les ressources locales.
C'est le message que SOLIDARITÉ a porté durant le FSM de Dakar au mois de février 2011, en s'appuyant sur la création d'un espace d'artisanat alimentaire.
C’est la richesse et les suites de cette expérience que nous voulons partager avec vous sur ce blog, en attendant la mise en œuvre de projets de long terme en partenariat avec les organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest...
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29 février 2016

Le projet Valorisation des Céréales Locales au Sénégal a déjà un an !


Le projet Valorisation des Céréales Locales au Sénégal a déjà un an !
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Ce projet, mené en partenariat avec l’ONG Sénégalaise FONGS-Action Paysanne, visant à réduire les importations massives de blé au Sénégal, à 90% destinées à la consommation de pain, a démarré en Février 2015 : il fête donc ce mois ses un an de mise en œuvre. Il est temps de faire un petit bilan !

« Bay doundé ak doundé lo gny bay »
(« cultiver ce qu’on mange et manger ce qu’on cultive. Samba Diouf, d’une exploitation familiale bénéficiaire)

Une mission du chargé de communication et de la chargée de programmes Afrique de SOLIDARITÉ en Février a permis de rencontrer les bénéficiaires et de constater les belles avancées du projet. Une chaine de valeur a pu être développée autour du mil et du maïs au profit des producteurs en amont, des petits boulangers ruraux et des femmes « transformatrices » dans les villages, et des consommateurs en aval.

Des exploitations familiales renforcées

Les Exploitations Familiales formées par l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l'Agriculture Biologique (ASPAB) dans le cadre du projet sont ravies de leurs récoltes. Toutes ont noté un bien meilleur rendement et une meilleure qualité de grains, faisant des envieux chez les autres villageois. Elles soulignent l’intérêt du projet pour l’augmentation de leurs revenus et la valorisation des céréales locales. Le prix d’achat des céréales est plus rémunérateur que celui normalement offert à cette période de récolte, moment même où les familles présentent pourtant les plus grands besoins après une difficile période de soudure (Période où les récoltes précédentes sont épuisées et les nouvelles pas encore fauchées).


  Agriculteur responsable d'une exploitation familiale

 


                                       Koumakh Faye –agriculteur bénéficiaire de Boulel
 
 



« [Je dis souvent :] si tu es malade avec des produits importés, on doit t’exporter pour te soigner ? […]
Nous sommes africains, il faut manger africain !»

Construction de 3 magasins de stockage-minoteries pour une farine de qualité

En parallèle, les magasins de stockage-minoteries construits par le projet ont été finalisés.  
Le stockage final des céréales collectées auprès des agriculteurs soutenus est en cours.

 
Vue d’extérieure d'un magasin de stockage construit pour le projet

  
 
 


Ces stocks de mil et de maïs ainsi constitués permettront de produire des farines de céréales locales très fines que les boulangers et les femmes transformatrices (productrices de gâteaux et beignets) pourront substituer à la farine de blé.
  


36 boulangers et 30 femmes formés en transformation alimentaire


Formés en Décembre 2015 par les formateurs de SOLIDARITÉ, James Forest et Michel Cires pour les boulangers, et Dohina Khan pour les femmes transformatrices, les bénéficiaires rencontrés en Février se sont tous montrés ravis des formations reçues.

Les ¾ des femmes rencontrées ont déjà mis en application les techniques enseignées, principalement en substituant leurs beignets de blé par des beignets à base de mil ou de maïs. Toutes notent des résultats très positifs : « J’ai éliminé la concurrence avec ces beignets ! » ;
                                       Femme transformatrice préparant des beignets à base de farine de mil

                                          
 
 



« Je vends plus et plus vite ! »
En effet, les consommateurs rencontrés au hasard dans les villages louent également le projet ! Ces préparations sont autant appréciées pour leur goût que pour leur qualité nutritionnelle, vantée à maintes reprises. La  transition aux céréales locales semble être en très bonne voie pour ces bénéficiaires !

Les femmes remercient aussi le projet pour le matériel reçu, leur permettant de réaliser ces recettes. De plus, les réplications à d’autres femmes ont commencé, permettant d’atteindre les 180 femmes bénéficiaires ce mois !

Les boulangers quant à eux sont dans l’attente de la farine du projet et de l’amélioration de leurs fours, imminents. En effet, la farine locale trop grossière risque de faire fuir les consommateurs et demande trop de temps aux boulangers donc très peu s’y sont risqués.



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         Boulanger bénéficiaire en activité

        
 
 



Ceux qui ont pu bénéficier des restes de farine du projet après les formations ont connu un franc succès :

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Mbaye Faye a ouvert une petite boutique sur la route principale qui traverse son village où il vend du pain et des pâtisseries à base de mil et de maïs, les consommateurs sont nombreux et les éloges aussi !
Mbaye Faye, boulanger bénéficiaire dans sa boutique  

   
 
 



Il y arbore avec fierté le Prix qu’il a reçu fin Décembre au Forum Régional des innovations Mil/Sorgho où il a été classé Deuxième du concours grâce aux recettes du projet !

Les plus pressés ont commencé l’incorporation d’un faible pourcentage de farine de maïs ou de mil dans leur pain, moulue et tamisée localement,  en attendant la livraison de la farine de qualité du projet, qui leur permettrait d’augmenter ce pourcentage.


Les efforts vont donc devoir être importants pour cette nouvelle année de projet qui s’amorce, afin de répondre aux nombreuses attentes des bénéficiaires et de pérenniser une dynamique locale favorable à la souveraineté alimentaire et la préservation des cultures traditionnelles…

Pour cela nous remercions les nombreux soutiens au projet : les fondations de France, Raja Marcovici, Seed, Lemarchand, Itancia, Brageac, Agir Sa vie, Baudoux, Third Millenium et l’AFD ... et nous en appelons à votre générosité : cliquez ICI pour soutenir le projet


 Découvrez le projet complet...ICI
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Autre article en lien


Les semences paysannes : exemple d’une initiative sénégalaise réussie




Pendant des millénaires, les paysans ont gardé précieusement leurs meilleurs grains pour les ressemer les années suivantes. Mais depuis une centaine d’années et l’avènement d’une industrialisation de plus en plus poussée, les pratiques ont beaucoup évolué, au point que cultivateur et producteur de semences sont devenus des métiers distincts, aux besoins et stratégies différentes. La transformation et la distribution industrielles imposent leurs règles aux dépens des agriculteurs. En Afrique de l’Ouest, l’Association Sénégalaise des Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP) avec qui SOLIDARITÉ est en contact, est une initiative exemplaire de défense des semences paysannes.


Semences paysannes : définition et enjeux



Les semences paysannes sont celles qu'un agriculteur prélève dans sa récolte en vue d'un semis ultérieur. Issues de cultures millénaires, leur patrimoine génétique leur confère une richesse indéniable. Contrairement aux semences commerciales, elles ne sont pas préalablement issues de semences certifiées achetées à un semencier.



Or les processus de transformation et de distribution industrielle, poursuivant des objectifs quantitatifs de rentabilité, exigent de grandes quantités de matières premières standardisées. Ainsi, un petit nombre de firmes contrôle aujourd’hui près des deux tiers du marché mondial de la semence commercialisée, imposant des variétés standardisées et dépendantes aux intrants chimiques (pesticides, engrais, etc.).



L'agriculture industrielle oblige alors les cultivateurs à adapter leurs conditions de culture et à travailler avec un nombre de variété de semences restreint et homogénéisé. Outre la dépendance des agriculteurs, les semences commerciales impactent donc qualitativement la biodiversité locale. Gourmandes en intrants chimiques, elles contribuent par ailleurs à l’appauvrissement des sols. Enfin, par leur incapacité à s’adapter à leur environnement, elles ne constituent pas une réponse satisfaisante aux défis du réchauffement climatique.


Alors que ces semences démontrent leurs limites, des organisations émergent aux quatre coins du monde pour promouvoir les semences paysannes, plus résistantes (aux aléas climatiques, aux maladies…), respectueuses de la biodiversité locale et aux qualités nutritives certaines.

Une initiative africaine exemplaire : l’Association Sénégalaise des Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP)

Née de l’association de producteurs de semences paysannes en 2003 au Sénégal, l’ASPSP œuvre à la collecte, l’échange et la production de semences locales. Elle développe ces activités dans les territoires où l’association est présente et où il existe un potentiel de valorisation du patrimoine culturel de gestion des semences.

Pour une véritable autonomie de la production des semences paysannes, durable, l’association oriente sa stratégie autour de quatre axes :
  • la production de semences paysannes, avec formations techniques ;
  • la collecte, l’échange et la capitalisation des savoirs anciens et des informations sur les variétés traditionnelles ; 
  •  l’information, le plaidoyer, la sensibilisation, l’éducation sur l'importance et la valeur de la semence paysanne, en direction des paysans et des autorités (décideurs politiques) ; 
  • la construction progressive d'un leadership paysan dans le domaine de la production nationale de semences.
Parmi les actions déjà réalisées par l’association citons :
  • Dans les quatre principales régions écologiques du Sénégal (Casamance,  Sénégal oriental, Fleuve, Centre), des jardins et champs de production de semences sont installés et suivis ; 
  • Organisation de foire des semences paysannes (en 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2009 et 2011) ; 
  • Séances de formation à la méthodologie de collecte des savoirs anciens ; 
  • Organisation d’enquêtes et d’inventaires des variétés locales ; 
  • Échanges culturels et culturaux entre les différentes communautés ; 
  • Formation de femmes à la construction de greniers traditionnels ; 
  • Suivi et évaluation de la campagne Agricole en mai ; 
  • Participation à la création et au renforcement de réseaux d’échanges nationaux et sous- régionaux.



Pour en savoir plus sur l’ASPSP, c’est par ici : http://aspspsenegal.wix.com/aspsp-senegal
 

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